LA CRYPTO-MONNAIE 2018-02-18T13:12:37+00:00

LA CRYPTO-MONNAIE

Voici environ 10 ans, quelqu’un a eu l’idée géniale de créer une monnaie virtuelle dont l’offre est réduite et qui ne requiert pas l’intervention des banques pour effectuer des transactions. On pense que le ou les développeurs, connu(s) sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, ont commencé à rédiger le code en 2007, pour lancer le réseau et les premiers bitcoins en janvier 2009. Pour créer de nouveaux bitcoins, il faut sans cesse des ordinateurs plus puissants et plus d’énergie, et les frais de transaction pour les acheter sont par conséquent sans cesse plus élevés.

Llyod Blankein, le PDG de Goldman Sachs, explique que « la population était aussi très sceptique quand la monnaie fiduciaire a remplacé l’or » et envisage d’ouvrir une salle de marché consacrée au Bitcoin et aux autres « crypto-monnaies » en réponse aux nombreuses demandes de ses clients.

Le Bitcoin atteint déjà une capitalisation de presque 200 milliards de dollars. Il se développe fortement et est de plus en plus accepté comme moyen de paiement et comme valeur refuge. Mais il n’est que la face émergée de ce nouveau phénomène. Il existe beaucoup d’autres monnaies qui commencent à le concurrencer comme l’ether, le dash, le monero ou le ripple. On compte aujourd’hui sur Aespen plus de 1800 crypto-monnaies et le Bitcoin ne représente plus que 40% de ce nouveau marché qui explose.

Les crypto-monnaies forment un monde étrange et fascinant dans lequel le non-initié a du mal à s’y retrouver. Internet, au début des années 90, a révolutionné la communication avec les pages en HTML échangeables grâce à des adresses URL via le protocole HTTP. Les crypto-monnaies sont dans le prolongement de ce nouvel univers : nouvelles technologies informatiques, indépendance par rapport au pouvoir politique, nouvelles utilités apportées aux consommateurs.

La première caractéristique d’une crypto-monnaie est d’être complétement électronique. Elle n’existe que sur réseau informatique. Autrement dit, si vous ne possédez pas d’ordinateur, de tablette ou de téléphone portable, vous n’avez pas accès à ce type de monnaie. Les monnaies traditionnelles comme l’euro existent sous forme de billet ou de pièce, ce qui n’est donc pas le cas pour les crypto-monnaies. Mais il faut savoir que les monnaies traditionnelles sont de plus en plus dématérialisées. Ainsi, quand vous faites un virement, vous transférez électroniquement une somme d’argent d’un compte à un autre. Il en est de même pour les prélèvements. Les pièces et les monnaies ne représentent plus que 15% de la monnaie en circulation.

Une seconde différence tient à la nature même de la monnaie. Les monnaies traditionnelles sont principalement des écritures sur des comptes tenus par des banquiers. Un virement consiste donc à passer une écriture sur un compte en débit et à passer la même écriture, en sens inverse, en crédit, sur le compte de la banque qui reçoit l’argent. Les crypto-monnaies sont des codes informatiques, des programmes, qui sont envoyés d’un ordinateur à un autre. C’est la raison pour laquelle ce sont des monnaies 100% électronique et sécurisées.

Les monnaies traditionnelles, en particulier les billets, peuvent être imitées par des faussaires. Chaque année, entre 500 000 et 1 million de faux billets libellés en euros sont retirés de la circulation. Ce sont surtout des billets de 50 € et le tout représente des sommes importantes.

Les crypto-monnaies, comme leur nom l’indique, sont des monnaies cryptées et le cryptage s’effectue principalement sous forme de « blockchain », c’est-à-dire sous forme de base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée. Elle est partagée par ses différents utilisateurs, ce qui leur permet de vérifier la validité de la chaîne.

Si la blockchain est publique (certaines peuvent être privées), c’est un grand livre comptable que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire avec l’accord des autres mais impossible à effacer et indestructible.

Pour se protéger des contrefaçons, la monnaie nouvellement créée, le nouveau block, doit faire la démonstration d’une « preuve de travail » pour être validé par les autres utilisateurs. Une preuve de travail est un codage, une résolution de problèmes algorithmiques, qui demande beaucoup de temps et d’énergie pour le créateur mais qui est facilement vérifiable par un tiers. Ainsi, sur la blockchain, si l’on veut modifier une transaction, il faut la changer en même temps sur tous les ordinateurs du réseau, ce qui est impossible.

Notre système monétaire actuel est centralisé : tous les acteurs du système font confiance à un arbitre identifié et connu de tous qu’est la banque et au-dessus, la banque centrale. C’est cette entité qui valide les changements de fonctionnement et les transactions. Ainsi, toutes les banques commerciales comme le crédit agricole ou la Société générale peuvent créer autant de monnaie qu’elles le souhaitent (monnaie scripturale, sous forme d’écritures en compte) sous le contrôle de la banque centrale qui régule par différents moyens cette création, en particulier par la fixation du taux d’intérêt à court terme. La banque centrale a gardé, quant à elle, le monopole de la création des billets de banque. Dans un système monétaire décentralisé, il n’y a pas d’arbitre. La monnaie repose sur un réseau informatique où chacun des utilisateurs joue le rôle à la fois de serveur et de client. C’est ce que l’on appelle un système de pair à pair (ou P2P). Le système est géré de manière partagée par tous les utilisateurs du système qui valident (ou pas) toutes les décisions : c’est la règle du consensus. Pour qu’il y ait un changement de fonctionnement ou une transaction, il faut l’accord (bien souvent tacite) de tous.

Dans ce système, n’importe qui peut créer de la monnaie. Avec un ordinateur performant et beaucoup d’électricité, certains participants du système, les « mineurs », créent de la nouvelle monnaie, des « blocs », qui sont intégrés à la block Chain et vérifiés par tous les utilisateurs du système. La création est longue et difficile mais par contre la vérification est simple. Tous les participants acceptent la création de ce nouveau bloc dès lors que le « mineur » a fait la preuve du travail effectué.
Plus la monnaie est connue, plus sa fabrication est couteuse puisqu’il faut des ordinateurs puissants et une consommation d’électricité toujours plus élevée pour rajouter des blocs à ceux existant. Il y a donc une autorégulation du système : la création monétaire est limitée de par la nature même de la monnaie. Dans ce système décentralisé et autorégulé, dans lequel chacun peut fabriquer de la monnaie, les banques n’ont plus leur place. On comprend alors pourquoi elles sont très réticentes à reconnaitre les crypto-monnaies : elles perdent leur pouvoir de création de monnaie et donc des sources de profit.

Par nature, chaque bloc comprend plusieurs transactions avec mention de l’adresse électronique du compte émetteur et receveur ainsi que le montant de la transaction. Toutes les transactions sont enregistrées dans un registre public permanent, permettant à quiconque de voir l’historique entier de chaque crypto-monnaie et toute l’activité du compte.

Cette transparence qui garantit la validité des transactions, permet également de savoir si la crypto-monnaie est passée par des mains sales. La monnaie en elle-même n’est pas anonyme. Toutefois, cette information est cryptée et cachée aux yeux des autorités publiques.

Les monnaies traditionnelles sont des monnaies inflationnistes. Quand la banque centrale fait fonctionner sa « planche à billet », elle augmente la monnaie en circulation. Les agents possédant plus de monnaie sont incités à consommer plus et donc à augmenter leur demande de biens. Si la production de biens n’augmente pas ou si elle augmente avec retard, le prix des biens augmente selon la loi de l’offre et la demande. Avec la même quantité de monnaie, l’agent ne peut plus acheter la même quantité de biens : la monnaie a perdu de son pouvoir d’achat, de sa valeur. Pour résumer, quand la quantité de monnaie augmente, sa valeur diminue.

Il en est autrement pour la crypto-monnaie : plus elle se développe, plus la blockchain s’allonge, plus il est coûteux de créer de la nouvelle monnaie. Par exemple, la quantité de Bitcoin émis est divisée par 2 tous les 4 ans, jusqu’à l’an 2140 date à laquelle il ne sera plus possible d’émettre de nouveaux Bitcoins. La valeur des crypto-monnaies est donc vouée à monter sur le long terme car elles seront de plus en plus coûteuses à fabriquer et donc de plus en plus rares. A sa création en 2009, un Bitcoin valait un dollar.

Comme n’importe quelle monnaie traditionnelle comme l’euro ou le dollar, les crypto-monnaies permettent l’achat de biens et de services. Etant des monnaies décentralisées et échappant donc à toute régulation, elles ont longtemps été l’apanage de transactions douteuses.

Les crypto-monnaies permettent d’acheter de nombreux biens de consommation sur internet cependant, payer des biens de la vie courante chez des commerçants physiques s’avère moins courant mais la demande est en forte hausse. Elles tendent toutefois à se défaire de leur mauvaise réputation en se démocratisant et en attirant un public de plus en plus large. Pour acheter des crypto-monnaies, la plupart des brokers et des plateformes d’échange pratiquent la procédure KYC (Know your Customer) et demandent des justificatifs d’identité. C’est d’ailleurs une des démarches que nous imposons à tout client afin d’être en règle avec les autorités financières (REGAFI, FSMA…).

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